Un salon de coiffure au centre du marché Madina

Les guinéens éprouvent d’énormes  difficultés pour fêter la fin de l’an 2010. A pas de caméléon, le pays est entrain de sortir d’une longue crise à la fois politique, économique et sociale dont le facteur aggravant a été l’interminable processus électoral au cours duquel toutes les activités étaient presque arrêtées. Les poches sont donc vides et cela ne donne aucun goût à la fête. C’est seulement dans les milieux féminins où l’ambiance est impressionnable. Pendant que les hommes pleurent sous le poids des craintes de perdre la face, les filles quant à elles ont les sourires aux lèvres. Ce sont elles qui sillonnent les marchés à la recherche de parures, de belles robes de fête et de paires de chaussures. Au contraire, Thierno est un étudiant qui se promène depuis quelques semaines avec une carte d’invitation que lui remis sa copine. A la question de savoir s’il répondra à cette importante invitation, il me répond : «  À vrai dire, je suis coincé. Tous ceux qui ont l’habitude de m’aider ne veulent même pas qu’on que je leur parle de fête. J’ai cherché le crédit que je pourrai payer dès qu’on nous donnera notre prime à l’université mais en vain.  Au fur et à mesure que le 31 s’approche, mon cœur vibre. Il me faut sauver l’honneur mon ami…». Tu crains d’être plaqué ou quoi ? Il rétorque : « mets toi seulement à ma place… ».

Dans les quartiers par contre, les salons de coiffure ne se désemplissent pas. Les coiffeuses et les vendeurs de mèches se frottent les mains. En plein marché de Madina, je rencontre Madeleine et ses amies avec leur sac bien rempli de diverses choses. Elles sont toutes étudiantes. Je les taquine en disant : vous, votre sac est plein alors que nous nous sommes incapables de s’acheter une chemise. Dites-moi, c’est quoi votre secret quant on sait que la banque centrale est vide à plus forte raison les poches d’un étudiant ou les porte-monnaie  d’une étudiante ? Elles réagissent en disant : «  Eh toi là, tu peux jurer que tu n’a jamais donner un franc à personne depuis le début de cette semaine » ? Moi ? Jamais. Où est ce que je vais prendre cet argent ? «  De toutes les façons, disent-elles, tu as ton petit secret pour te débrouiller et nous aussi nous avons le notre. La fête du nouvel an ne doit être ratée». Sur ces tons, elles me donnent au revoir avant de me lancer : « Bonne année 2011 » !

Cette nuit, c’est aussi la nuit de la déception du de tous les dangers pour les infidèles. Pour le savoir, il suffit de sortir aujourd’hui  pour se promener au bord de la route. Beaucoup de filles et de garçons qui seront plaqués vont déverser leur bile sur leur compagnon au téléphone. Si jamais ces téléphones ne seront pas fermés, les premières phrases sèchement prononcées seront : «  tu es où »? Ensuite, des menaces : «  tu as osé me faire ça ? Hein »..!

2 Thoughts on “A Conakry, les filles se rendent plus belles pour accueillir le nouvel an.

  1. je veux une fille serieuse

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